Ce que racontent les murs
Victor Louis construit le théâtre de 1773 à 1780. Il ouvre le 7 avril 1780 avec l’Athalie de Racine, devant une salle de 1 700 places ; elle en compte aujourd’hui 1 114. Les douze statues de pierre de la corniche, hautes de 2,30 mètres, sont du sculpteur Pierre-François Berruer, qui a aussi signé les cariatides de Thalie et Melpomène dans le grand escalier à trois volées. Au plafond de la salle, Jean-Baptiste-Claude Robin a peint Apollon et les Muses ; le décor bleu, blanc et or est dû à Pierre-Jérôme Taconet.

Le bâtiment a aussi une page politique : en 1871, après la guerre franco-allemande, l’Assemblée nationale nouvellement élue de la Troisième République s’y réunit. Classé monument historique en 1899, il a été largement restauré en 1991.
Le bâtiment occupe tout un îlot face à la place de la Comédie. Il a longtemps été considéré comme l’un des plus beaux théâtres d’Europe, et il reste l’un des lieux les mieux notés de la ville : 70 % de ses quelque 10 000 avis Google lui donnent cinq étoiles.
Visiter le Grand-Théâtre sans voir de spectacle
Les visites guidées durent une heure et sont menées par un guide du patrimoine. Elles sont organisées par l’office de tourisme de Bordeaux Métropole, qui gère les réservations. On traverse le hall, le grand escalier, les foyers et, quand le planning des répétitions le permet, la salle elle-même. Les jours et horaires dépendent de la programmation : la scène a la priorité.
L’Opéra propose aussi des visites pour les familles (visites contées, « Cherche et trouve », visites sensorielles). Elles tournent selon la saison, avec des tarifs enfants de quelques euros. Le programme est publié sur le site de l’Opéra national de Bordeaux.
Chaque année, les Journées du patrimoine ouvrent le bâtiment gratuitement. L’attente est longue, arrivez tôt : on en parle sur notre page des Journées du patrimoine à Bordeaux.
Assister à un spectacle à l’opéra de Bordeaux
La saison court de septembre à juin : opéras, ballets, récitals, concerts de l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine. Les tarifs varient beaucoup d’un spectacle à l’autre, des places à petit prix en hauteur jusqu’aux meilleures places d’orchestre. On ne les reproduit pas ici, car ils changent à chaque production : la billetterie officielle de l’Opéra est la seule source fiable.
Pour une première fois, on conseille un ballet ou un opéra court et connu. Les surtitres en français sont affichés au-dessus de la scène pour les œuvres chantées dans une autre langue.
Quelle est la meilleure place ?
Dans une salle à l’italienne, la vue dépend beaucoup de l’emplacement. Le parterre et le centre des premières loges offrent la vue la plus complète. Les loges de côté sont belles à regarder mais on y voit souvent une partie de la scène seulement, surtout au deuxième rang de la loge. Les places les plus hautes sont les moins chères : le son y est bon, la vue plongeante.
Comment s’habiller ?
Aucun code vestimentaire n’est affiché. En semaine, le public vient en tenue de ville ; les soirs de première, certains s’habillent davantage. Seul impératif : arriver à l’heure, car les portes ferment au début du spectacle.
L’Auditorium, l’autre salle de l’Opéra
L’Opéra national de Bordeaux ne se limite pas au Grand-Théâtre. Les grands concerts symphoniques ont lieu à l’Auditorium, une salle moderne du cours Clemenceau, à dix minutes à pied. Vérifiez bien le lieu indiqué sur votre billet : chaque saison, des spectateurs se présentent devant les colonnes de la place de la Comédie alors que leur concert se joue de l’autre côté du Triangle d’or.
L’été, quand la saison est terminée, l’Opéra organise des rendez-vous en plein air ou à tarif réduit. Le programme sort au printemps sur son site.
Autour du Grand-Théâtre
Le Grand-Théâtre marque l’entrée du Triangle d’or, le quartier chic délimité par le cours de l’Intendance, le cours Clemenceau et les allées de Tourny. Le Grand Hôtel lui fait face. À cinq minutes, la rue Sainte-Catherine part vers le sud, et le cours du Chapeau-Rouge descend vers la place de la Bourse et le miroir d’eau. Au nord, l’esplanade des Quinconces mène aux Chartrons. Pour la suite de la visite, voyez notre guide du centre historique de Bordeaux.
